|
Quinze jours en Dordogne
Le 16 Juillet de
l'an de grâce 1987, le train de Bordeaux dans lequel je me trouvais
s'arrêta en gare de Libourne, où Pierre et Marc m'ont descendu sur
le quai avec mes bagages ; ils me conduisirent au bar de la gare. Là,
Annick nous attendait en compagnie des Dédés et de Sylvain. Nous
sommes partis pour Pomport, petit village où était la maison qui
nous hébergea pendant ces quinze jours. Je fis la connaissance de
Valérie, de Michèle, de Monique qui venait d'Aubagne près
de Marseille, et des enfants.
Le lendemain, nous
sommes allés dans le vieux Bergerac, avec ses maisons restaurées.
On s'aperçoit que la Dordogne est une région de vigne car il y a
à chaque pas une maison du vin...
Un autre jour, nous
avons visité le beau petit château de Monbazillac, dans ses
célèbres vignes. On a vu la chambre de la vicomtesse ; sa femme
de chambre dormait dans une sorte de placard étroit. On se demande
comment un être humain pouvait se tenir la dedans. Vivement 1789 !
Malheureusement, le
beau temps n'était pas avec nous ; le soleil boudait derrière les
nuages gris. Une fois, on était partis pour voir le zoo des Eyzies de
Tayac. Marc, Valérie, Sylvain et Annick faisaient le trajet en moto. Il
se mit à pleuvoir à torrents et nos motards trempés
s'arrêtèrent. Cela apporta ( si je puis dire) de l'eau au moulin
de Michèle qui déteste la moto. Un petit bout de ciel bleu et un
rayon de soleil apparurent. Alors je dis à Pierre : "je commence
à croire aux miracles !" A peine avais-je fini cette plaisanterie
que la pluie se remit à tomber.... La visite du gouffre de Proumeyssac
tomba à l'eau, elle aussi.
Le temps ne nous a
jamais empêché de bien rigoler et de sortir chaque
après-midi. Un jour, nous avons décidé d'aller à
Rouffignac pour nous lancer sur les traces de nos lointains ancêtres dans
leur grotte. Pour parcourir les galeries, il y a un petit train.
L'employée qui s'occupait de l'embarquement nous fit aimablement monter
les premiers. Des animaux sont gravés sur la roche des parois (un
cheval, des rhinocéros, des bouquetins et des mammouths). Cette grotte a
servi de repaire pendant longtemps aux ours des cavernes.
Malheureusement, des
vandales ont cru bon d'écrire leur prénom et les dates de leur
passage à côté et même sur les précieux
dessins préhistoriques.
En Dordogne, le
terrain est très accidenté, et il y a de jolis paysages. Le
charmant village de Monpazier refait ses maisons tout en gardant le style de la
région.
Un soir, nous avons
dîné au restaurant. J'ai savouré du foie gras et du confit
de canard, spécialités du Sud-Ouest. J'ai remarqué que
dans les régions où il y a de bons vins, on mange très
bien.
Une autre fois, nous
avons fait une promenade sur la Dordogne à Bergerac. Cette
rivière est assez large et forme avec la Garonne la Gironde.
La veille de la fin
des vacances, nous avons fait une virée à Bordeaux chez Paula,
qui nous a servi de guide à travers la ville. Nous sommes passés
deux fois en voiture près de la grosse cloche. On a traversé
à pied ou en fauteuil roulant la place où se trouve le monument
aux Girondins. Bordeaux a paraît-il la plus longue rue piétonne de
France. Entourés de badauds, les musiciens Péruviens jouaient des
airs de leur pays. Dans la foule, Michèle se fit piquer son
porte-monnaie sur l'air de El Condor Passa.
Le lendemain,
c'était le 31, la fin des vacances. Je pris congé de mes nouveaux
amis, et Pierre me conduisit à la gare de Bergerac, où je repris
le train avec dans la tête plein de bons souvenirs.
René Chausboeuf alias Papy Pop
|